Ce billet a été publié pour la première fois en août 2016. Il est publié de nouveau aujourd’hui pour souligner la remise du prix Startup Canada du jeune entrepreneur à Jordan Kennie, PDG de Stash Energy, jeudi dernier.

La consommation d’électricité fluctue tout au long de la journée et connaît des pics importants tant le matin qu’en début de soirée. Ces fluctuations mettent à rude épreuve les services publics qui doivent exploiter davantage de centrales électriques afin de satisfaire à cette demande accrue.

Trois entrepreneurs canadiens se sont penchés sur cette question et, du coup, sont parvenus à aider les consommateurs finaux à économiser de l’argent sur leur facture d’électricité. Récemment diplômés de la Faculté de génie de l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB), Jordan Kennie, Daniel Larsen et Erik Hatfield ont mis au point un système de stockage de l’énergie thermique aux fins d’utilisation avec des thermopompes résidentielles.

Leur jeune entreprise, Stash Energy, travaille désormais avec des entreprises de services collectifs afin d’offrir des rabais aux consommateurs grâce à la solution Stash.

« Certains services publics imposent des frais plus élevés aux consommateurs pendant les heures de pointe – parfois même le double de ce qu’ils chargeaient pendant la nuit. Ce que notre produit fait, c’est qu’il utilise une thermopompe pour stocker l’énergie thermique pendant la nuit, lorsque l’électricité est peu coûteuse. Nous utilisons ensuite cette énergie thermique pendant les périodes de pointe lorsque l’électricité est chère afin de diminuer le montant des factures d’électricité et de faire économiser de l’argent aux consommateurs », affirme Kennie, le président-directeur général de l’entreprise.

Opportunités NB (ONB) s’est entretenue avec Jordan Kennie afin d’en apprendre davantage.

ONB : Comment vous est venue l’idée?

Kennie : Notre chef des opérations, Daniel, écoutait un poste de radio de l’Î.-P.-É. quand il a entendu en onde le porte-parole d’un service public de la région parler du rendement énergétique accru que le service devait assurer en raison de la transition des consommateurs du chauffage à l’huile aux thermopompes. Ce dernier a souligné que le service public devrait construire une nouvelle centrale électrique, dont les coûts avoisineraient les 70 millions de dollars. De deux choses l’une : soit on assumait les coûts de construction de cette nouvelle centrale, soit on payait les consommateurs pour qu’ils conservent le chauffage à l’huile. Daniel s’est alors dit qu’il devait exister une meilleure façon de faire.

Daniel et moi-même sommes ingénieurs électriques, et Erik Hatfield, directeur des services informatiques, est ingénieur informatique. Nous avons créé la solution Stash Energy dans le cadre d’un projet de conception de fin d’études au programme de génie.

ONB : Le principal service public du Nouveau-Brunswick, Énergie NB, n’impose pas de frais supplémentaires pour la consommation dans les périodes de pointe. En gardant cela en tête, quels sont vos objectifs initiaux?

Kennie : En ce moment, notre clientèle cible se situe essentiellement dans les provinces de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse, de même que dans treize États américains qui perçoivent des frais plus élevés chez les consommateurs pendant les périodes de pointe. Toutefois, les défis auxquels sont confrontés nos marchés cibles initiaux ne sont, d’aucune façon, exclusifs à ces régions. Il existe une foule de possibilités de croissance à long terme.

Nous nous sommes néanmoins entretenus avec Énergie NB à plusieurs occasions, et le service public s’est montré très emballé par le produit. Nous nous sommes récemment joints à son Groupe d’innovation du réseau intelligent (GIRI) auquel elle s’est jointe comme partenaire avec Siemens et l’UNB. Nous avons maintenant accès au laboratoire de recherche sur le réseau intelligent à l’Université du Nouveau-Brunswick, au laboratoire d’interopérabilité de Siemens et au laboratoire de produits et de services d’Énergie NB, ce qui aide à certifier les nouveaux produits.

ONB : Votre secteur est-il concurrentiel ou êtes-vous pratiquement le seul à offrir ce produit?

Kennie : Ce que nous offrons est plutôt unique, il existe certes quelques produits de substitution, mais aucun qui nous fasse concurrence directement. Principalement, il y a la batterie domestique Powerwall de Tesla, qui est arrivée au Canada cet été. Il s’agit d’une batterie au lithium-ion qui emmagasine l’électricité pour un usage ultérieur. Notre produit emmagasine autant d’énergie que deux de ces batteries. Deux batteries Powerwall coûteraient environ 7 800 $ en plus des coûts d’installation; nous nous attendons à vendre notre solution au coût d’environ 2 500 $. L’extraction du lithium est un processus très coûteux et très nocif pour l’environnement; en revanche, notre solution ne produit aucun ingrédient nuisible.

ONB : Parlons de l’écosystème entrepreneurial du Nouveau-Brunswick. Vous avez récemment participé au Summer Institute de l’UNB, dites-nous en plus à ce sujet.

Kennie : Le Summer Institute était incroyable. Ça été une progression naturelle pour nous qui sortions du programme Technology Management and Entrepreneurship (TME) avec notre projet de conception en génie. Le Summer Institute recueille les idées innovantes en matière d’ingénierie, de même que celles des artisans, puis les transforme en entreprises grâce à l’accès à divers mentors et concepteurs, ainsi qu’à une foule d’ateliers. Ça été enrichissant de travailler avec autant de personnes dotées de compétences aussi diversifiées. Ça ouvre les yeux de voir à quel point les entreprises connaissent une croissance similaire, sans égard au secteur dans lequel elles évoluent.

ONB : Est-ce que d’autres organisations soutiennent Stash à ce stade-ci du démarrage? 

Kennie: La Fondation de l’innovation du Nouveau-Brunswick (FINB) nous a aidés avec du financement au début; nous avons terminé en troisième place au Défi d’innovation des étudiants R3. L’UNB a également versé une contribution financière par l’entremise de son programme de commercialisation de la technologie (TCP). Nous avons également collaboré avec Futurpreneur Canada, un autre organisme fantastique qui épaule les jeunes entrepreneurs.

ONB : Quels sont, selon vous, les avantages à démarrer une entreprise au Nouveau-Brunswick?

Kennie : Pour nous, la plus grande force réside dans le réseau de soutien. Vous avez le FINB, l’UNB, le Programme de gestion des technologies et d’entrepreneuriat, ONB, Allumez Fredericton/Planet Hatch – il y a une importante communauté de jeunes pousses ici, particulièrement à Fredericton. C’est en partie la raison pour laquelle l’UNB s’est taillé la réputation de meilleur établissement postsecondaire entrepreneurial du pays.

On bénéficie de tellement de soutien et de mentorat ici. Tous ces organismes sont étroitement liés; vous bénéficiez du soutien d’un organisme, puis celui-ci vous en présente un autre, et ça fait boule de neige. C’est un endroit où il est facile de faire du réseautage et c’est un lieu de prédilection pour le démarrage d’une jeune entreprise comme la nôtre.

Écrit par Jason Boies