La compagnie Eigen Innovations du Nouveau-Brunswick offre des logiciels aux sociétés qui font des affaires dans Internet. La technologie de cette entreprise aide les clients du secteur manufacturier au complet à améliorer leurs activités grâce à un accroissement de leur productivité, à l’amélioration de la qualité et à la réduction des coûts de production.

Opportunités NB (ONB) s’est entretenu avec des membres d’Eigen l’automne dernier, afin d’en savoir davantage sur la société, ses partenariats et ses relations avec l’Université du Nouveau-Brunswick. Il s’est passé beaucoup de choses pour Eigen depuis ce premier contact. La société s’est notamment classée en troisième place au Grand défi mondial en innovation de Cisco en 2015 et elle a reçu la médaille d’or du concours Internet des objets connectés de Dell.

Greg Picot, directeur du développement de produits, s’est joint à nous récemment afin de faire le point sur cette intéressante société novatrice du Canada atlantique.

ONB : Tout d’abord, en quoi consiste le concours Internet des objets connectés de Dell? 

Picot : Dell conçoit un produit destiné à l’Internet des objets (IdO), plus particulièrement à la façon dont l’IdO se comporte avec les applications industrielles. On songe ici aux usines intelligentes, aux bâtiments intelligents et aux villes intelligentes.

Nous collaborons avec Dell depuis plus d’un an. On nous a présentés à cette société lorsque celle-ci développait le nouveau produit Edge Gateway qui est destiné spécialement aux usines. Ce logiciel effectue des analyses en temps réel qui portent sur l’équipement de fabrication et il fait appel à des applications industrielles qui fonctionnent en temps réel.

Afin de faire connaître ce qu’elle fait dans le milieu, la société a lancé le concours IdO Internet des objets connectés et elle a invité le public à proposer des idées et des validations de principe qui s’articulent autour de cette passerelle industrielle. Notre équipe a élaboré une validation de principe portant sur une idée à laquelle nous travaillions dans le cadre de la solution Eigen et nous l’avons présentée au concours. Nous avons reçu une des quatre médailles d’or; nous avons terminé en deuxième place.

ONB : Quelle a été la contribution d’Eigen au concours?

Picot : Il s’agit essentiellement d’une expérience des utilisateurs que nous concevons afin d’établir un lien plus direct entre l’usine et leur expérience en ligne. Lorsque nous repérons des anomalies durant le processus de fabrication, nous les reléguons à une « console d’opérateur ». Ces anomalies agissent de façon semblable à une alerte. Ces alertes sont envoyées, grâce au nuage, à une interface Web client ou à un appareil mobile; ainsi les opérateurs peuvent voir, en temps réel, des problèmes qui peuvent être présents dans leur usine. La console d’opérateur leur permet de voir l’anomalie depuis divers secteurs de l’usine. Les opérateurs peuvent donc s’y attaquer, formuler des commentaires, ajouter des opérations, etc. Chaque fois qu’ils perçoivent un événement, nous saisissons les données correspondantes, afin de rendre le processus de détection encore plus « intelligent ».

Toute cette participation des opérateurs facilite le processus d’apprentissage, car des algorithmes sont élaborés, afin de renvoyer les données à l’usine, dans le but d’améliorer le processus d’inspection. Le lien commence alors à se refermer autour d’un concept dont nous parlons de plus en plus : l’intelligence rehaussée. Les usines et les êtres humains collaborent, et ces derniers utilisent des passerelles de pointe. Ainsi, les deux protagonistes sont plus intelligents. Nous rehaussons l’intelligence globale des usines modernes.

ONB : Quels secteurs utilisent la solution que vous présentez?

Picot : Nous concevons une plateforme qui peut être dirigée vers tous les types d’application et servir dans toute application verticale. Nous sommes toujours en pleine croissance cependant et nous visons surtout jusqu’ici trois secteurs : la construction automobile, la transformation des aliments et l’exploitation minière et la transformation des métaux.

ONB : Vous étiez présent l’an dernier lorsque ONB a annoncé la conclusion d’un partenariat avec GE Canada. Où en est votre relation avec GE

Picot : La relation en est encore aux premiers stades. Lorsque vous travaillez avec de grandes sociétés comme GE, Dell, Siemens et Cisco, vous vous rendez compte qu’il s’agit de relations à long terme qui se développent avec le temps. Nous continuons à développer notre solution et nous les maintenons informés de ce développement. En même temps, nous en apprenons davantage sur leurs activités et leurs produits d’IdO et nous en arriverons à une convergence, en plus de trouver des moyens d’améliorer la collaboration.

ONB : Pouvez-vous décrire les avantages de faire des affaires depuis le Nouveau-Brunswick, surtout en lien avec l’IdO

Picot : Le premier avantage est la qualité de vie. Je suis né et j’ai grandi au Nouveau-Brunswick, et je n’ai jamais songé à partir. J’aime vivre ici et j’ai une carrière enrichissante en TI.

Du point de vue des affaires, le Nouveau-Brunswick offre un avantage unique dans le milieu émergent d’IdO industriel. Notre communauté de TI est solide et innovatrice. Elle a été mise en place au cours des 20 à 25 dernières années, mais nous avons aussi un énorme héritage et un savoir-faire en lien avec les industries des ressources et de la fabrication. L’IdO industriel consiste à réunir ces deux mondes afin d’améliorer l’efficience d’un procédé ou d’une opération, et peut-être même révolutionner ce procédé ou cette opération. Il s’agit de la convergence de la technologie opérationnelle (TO) et de la TI. Par exemple, les fabricants se servent du logiciel Eigen pour optimiser l’utilisation des ressources et des matières premières. De cette façon, ils peuvent réduire le gaspillage et les déchets du procédé de production, par le recours à un contrôle de la qualité automatisé. Nous tirons parti des connaissances et du savoir-faire dont nous disposons pour concevoir des solutions novatrices qui sont exportables et qui ont une influence sur la scène mondiale.

OONB : Avant de vous joindre à Eigen, vous avez travaillé avec d’autres jeunes entreprises techniques du Nouveau-Brunswick qui ont connu du succès, notamment Radian6. Quels conseils donneriez-vous aux fondateurs d’entreprises et aux entrepreneurs potentiels?

Picot : Ne vous entichez pas de vos solutions. Faites preuve de patience et tentez de déterminer le problème de même que les inconvénients réels du client.

Parmi les choses intéressantes que je fais, j’entre dans le feu de l’action. En effet, je mets un casque de protection et des chaussures à embout d’acier, puis je me promène dans l’usine, je parle aux opérateurs et j’apprends ainsi ce qui se passe au cœur de l’entreprise, où se trouvent les employés et les machines. J’ai ainsi l’heure juste. Le milieu du développement de logiciels respecte des concepts comme « mobile en premier » ou « API-first » afin d’accorder la priorité à la conception. Les membres d’Eigen doivent constamment prioriser « l’usine » au cœur de nos activités de conception. Il s’agit de bien comprendre le problème avant de s’aventurer trop loin dans les étapes du développement d’une solution.