On m’a envoyé beaucoup de questions au sujet de 500 Startups, l’un des plus importants accélérateurs au monde, duquel notre entreprise, Qimple, est heureuse de faire partie. Je voulais non seulement parler de notre histoire, mais également donner quelques conseils afin d’aider d’autres fondateurs de jeunes entreprises. Ce guide se rapporte à tous les accélérateurs, mais bien qu’il ait été utile à Qimple, chaque entreprise aura une histoire différente quant à son entrée dans un accélérateur.

Au départ, nous n’avions pas prévu de présenter une demande à 500 Startups; et c’est une succession de choses qui nous ont conduits à décider qu’il s’agissait du bon choix pour une entreprise du Canada atlantique, c’est-à-dire d’une région souvent en dehors des principaux radars. J’ai rencontré Dave McClure, cofondateur de 500 Startups, pour la première fois, lors du Startup Festival à Montréal. J’avais déjà eu l’occasion de l’écouter parler et avais suivi son dorénavant célèbre exposé intitulé Startup Viagra: How to Pitch a VC au moment de créer notre propre présentation. J’ai toujours trouvé que sa franchise et sa façon directe et sans baratin d’aborder la croissance des entreprises étaient rafraîchissantes, le but étant de réaliser des choses, ce qui me plaisait.

Yves Boudreau - QimpleQuelques mois plus tard, j’ai fait mon premier voyage à San Francisco. Je voulais entre autres en apprendre davantage sur 500 Startups pour voir si c’était la bonne décision pour nous. La première personne que j’ai rencontrée pendant ce voyage est Hansmeet Sethi, qui était alors entrepreneur en résidence (EER) chez 500 et qui occupe maintenant le poste de directeur de l’exploitation chez Neighborly. Celui-ci m’a dit que selon ce que nous avions fait pour l’instant, le programme convenait à notre entreprise. Quelques jours plus tard, j’ai rencontré Amanda Parker qui a bien voulu me faire visiter les locaux de 500 et qui a mis un bureau à ma disposition. J’y ai donc passé trois jours, profitant au maximum de la situation pour rencontrer le plus grand nombre possible de membres de l’équipe de 500. J’ai également posé des questions à des entreprises qui venaient de terminer leur « stage »; celles-ci n’avaient que des éloges à faire quant à l’influence de 500. Plus important encore, CHACUNE de ces entreprises a indiqué qu’elle recommencerait sans la moindre hésitation. C’est tout ce qu’il me fallait pour convaincre les membres de mon équipe que 500 Startups était la meilleure chose pour Qimple; il s’agissait en fait du seul accélérateur, dans la Silicon Valley, auquel nous avions envoyé une demande.

En ma qualité d’entrepreneur chevronné aux cheveux grisonnants, je savais que suivre les lignes directrices relatives à la présentation d’une demande ne suffirait pas. Nous sommes en effet dans le domaine des technologies pour les ressources humaines, et même s’il y a d’excellentes occasions, les acteurs y sont nombreux; il fallait donc que nous arrivions à sortir du lot. Notre entreprise suscitait de l’intérêt et nous avions recueilli des fonds, mais nous étions en concurrence avec le reste du monde.

Voici en bref les étapes de mon travail :

  1. Je suis allé à San Francisco avant le début du prochain groupe de travail pour rencontrer le plus grand nombre possible de membres de l’équipe de 500 Startups et leur montrer à tout le moins que j’étais quelqu’un de bien.
  2. J’ai consulté le site Web 500.co pour trouver des mentors et des entrepreneurs en résidence qui comprendraient mon projet (et qui auraient suffisamment de connaissances sur les activités de Qimple). Je les ai contactés pour leur demander de communiquer avec l’équipe de 500 Startups par courriel.
  3. Je ne recommande pas de procéder ainsi. En effet, nous avons réussi à avoir une entrevue, mais lorsque j’ai choisi une tranche horaire sur leur application, une rencontre a été insérée à mon calendrier pour 18 h (HNA), alors qu’il était en réalité 14 h (HNP). Bien que je rejette encore la faute sur l’application en question, j’aurais dû vérifier une deuxième fois. Qu’est-ce que j’en ai retiré? Je suis maintenant plus vigilant lorsque je me trouve dans d’autres fuseaux horaires.
  4. Malheureusement, 500 Startups avait épuisé ses tranches horaires et ne pouvait pas reporter la rencontre, ce dont je me suis rendu compte à 4 h du matin, un jeudi. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai entendu un courriel entrer à cette heure-là, mais je me suis retrouvé, à 4 h 1, à rédiger des courriels que j’avais prévu d’envoyer à 7 h à chaque personne qui nous avait recommandés. C’était gênant; mais plus encore, je regrettais que des personnes aient mis leur réputation en jeu pour moi.
  5. Pendant ces courriels, textos et appels, la plupart des réponses que j’ai reçues étaient du genre « montre-leur qu’ils ont tort », « ce n’est pas la fin », et « tu t’es planté ». J’ai presque sorti le drapeau blanc en signe de capitulation, mais j’étais tellement convaincu que c’était la bonne décision pour Qimple que je ne pouvais pas renoncer. Pendant une de ces conversations, John Philip Green m’a demandé quelles étaient nos trois principales réalisations, ce que je lui ai envoyé par courriel. Il a contacté Dave après seulement quelques minutes pour lui dire que 500 devrait réexaminer les choses.
  6. C’est bel et bien ce qu’ils ont fait, et je leur en suis encore reconnaissant. Marvin Liao, qui dirigeait le groupe, nous a donné une chance en nous permettant de nous joindre au groupe à la dernière minute. J’étais fou de joie et déterminé à en profiter au maximum.

Voici donc ce qui s’est passé, mais chacun a en fait sa propre histoire. Voici quelques conseils pour votre propre demande :

  • RECHERCHE : Les accélérateurs ne se valent pas tous. Informez-vous pour savoir à quel stade de création d’une entreprise ces accélérateurs interviennent et quel est leur domaine de compétence, puis décidez si cela vous convient. Beaucoup de gens font une demande trop tôt ou auprès d’accélérateurs qui ne leur conviennent pas le mieux sur le plan stratégique.
  • DÉMARQUEZ-VOUS : Faites des efforts pour entrer en contact avec des personnes qui font partie de l’accélérateur. En ce qui concerne la croissance et les chances de réussir de votre entreprise, vous ne gagnerez pas si vous jouez seulement selon les règles.
  • SUSCITEZ DE L’INTÉRÊT : Aujourd’hui, ce sont les revenus qui suscitent avant tout de l’intérêt, et la plupart des autres mesures font partie des paramètres « vaniteux ». Si vous n’avez pas de revenus, il vaut mieux alors avoir des arguments convaincants sur la réussite de votre entreprise.
  • AYEZ UNE EXCELLENTE HISTOIRE : Vous êtes en concurrence avec des milliers d’autres candidats, pourquoi devrait-on vous choisir? Parlez donc de la formidable histoire de votre entreprise et, plus important encore, de votre histoire comme fondateur. Expliquez pourquoi vous avez ce qu’il faut.
  • SOYEZ CONFIANT SANS ÊTRE ARROGANT : Peu importe les réussites que vous avez connues dans le passé ou que vous connaissez avec votre jeune entreprise, les accélérateurs veulent travailler avec des gens qui souhaitent apprendre. Si vous ne voulez pas obtenir de conseils, pourquoi alors êtes-vous là?
  • CIBLEZ VOS FAIBLESSES : Nous n’avons pas tous les mêmes besoins ou nos entreprises ne sont pas toutes rendues au même stade. Il est important pour les accélérateurs de savoir dans quels domaines ils peuvent vous aider. Est-ce que c’est votre argumentaire? Croissance des revenus? Collecte de fonds? S’il y a correspondance entre vos faiblesses et les domaines de compétence des accélérateurs, les chances de vouloir travailler avec vous seront alors plus grandes.

Si vous faites partie des heureux élus, travaillez un maximum tout en ayant du plaisir. Se retrouver entouré par des personnes brillantes et ultra motivées représente une occasion unique; prenez par conséquent le temps d’établir un vrai contact avec elles.

Si vous n’êtes pas choisi, ce n’est pas la fin. Recherchez-en les raisons et travaillez à améliorer ce qui doit l’être. Si vous revenez après avoir fait de réels progrès, votre narratif n’en sera que plus riche et cela en dira long sur votre tempérament.

J’espère que vous trouverez mes conseils utiles.

Apprenez-en davantage sur Qimple, la jeune entreprise d’Yves Boudreau située au Nouveau-Brunswick Qimple.com.

Écrit par Yves Boudreau