Établie à Moncton (Nouveau-Brunswick), Alongside aide les entreprises à obtenir de meilleures candidatures aux postes à pourvoir, en simplifiant les tâches administratives reliées au processus d’embauche.

Yves Boudreau, chef de la direction chez Alongside, a cofondé l’entreprise en 2013. C’était la deuxième fois qu’il se lançait en affaires, puisqu’il avait déjà lancé Halation Studios à l’âge de 19 ans. Après la fermeture des studios en 2006, M. Boudreau a quitté Bathurst pour Moncton, où il a travaillé en développement économique pendant cinq ans. Mais le désir de se lancer en affaires s’est manifesté de nouveau. Ainsi, Alongside a vu le jour, et en 2015, elle était admise dans le giron de 500 Startups, l’un des accélérateurs d’entreprises en démarrage les plus importants au monde.

Yves Boudreau étant un excellent exemple de l’esprit d’entreprise qui règne au Nouveau-Brunswick, Opportunités NB (ONB) devait en apprendre davantage. Nous nous sommes donc assis avec lui pour discuter des services offerts par Alongside, de son partenariat récent avec Dovico et Oulton College pour l’allocation de bourses d’études, de son expérience avec 500 Startups et d’autres choses encore.

ONB : Commençons par un survol d’ Alongside et des services qu’elle offre.

Boudreau : Nous simplifions les tâches administratives reliées au processus d’embauche. Notre outil aide les entreprises à réduire radicalement le temps passé à rédiger leurs offres d’emploi et à les afficher. Avec Alongside, vous rédigez votre offre une fois, puis vous choisissez les sites sur lesquels vous souhaitez la voir affichée – votre site Web, Career Beacon/Le Carrefour des carrières, Monster, etc. L’automatisation de l’affichage des offres d’emploi constitue donc notre application première.

L’application secondaire touche la gestion des candidatures. Quand un candidat accède à la plateforme en réponse à une offre d’emploi, il est inscrit dans notre système intuitif de suivi des candidats. Vous n’avez plus à recevoir de curriculum vitae par courriel : Alongside s’en occupe pour vous. C’est un tout-en-un abordable pour les entreprises de toute taille – petite, moyenne et grande. 

ONB : Le Nouveau-Brunswick appuie beaucoup Alongside. Dites-nous-en plus à ce sujet.

Boudreau : Oui, la province nous apporte un très grand soutien depuis le début. Le rapatriement est une idée qui fait l’unanimité au Nouveau-Brunswick. Nous sommes enchantés d’avoir conçu un outil qui aide les entreprises de chez nous à recruter des travailleurs et les chercheurs d’emploi à établir un contact avec les employeurs. Notre produit obtient déjà un si grand succès qu’il suscite maintenant l’intérêt à l’extérieur de la province – à Toronto comme aux États-Unis. 

ONB : Quelle est l’étincelle qui a fait jaillir l’idée de créer Alongside?

Boudreau : Une fois déménagé à Moncton, j’ai travaillé pour Développement économique Grand Moncton (3+). J’y ai vu une belle occasion de bâtir un réseau et d’étendre mes connaissances entrepreneuriales. Je travaillais à un salon des carrières avec le gouvernement et le processus était tellement manuel et redondant que ça me rendait fou. C’est là qu’a jailli l’idée de créer Alongside; et quand j’ai vu une possibilité d’améliorer le processus, c’est devenu une idée fixe. Je voulais contribuer à résoudre les problèmes. Alors, j’ai passé huit mois à plancher sur un texte descriptif pour finir avec un document de 100 pages qui exposait le produit et son fonctionnement. Nous l’avons présenté aux gestionnaires des ressources humaines; beaucoup étaient sceptiques au départ, mais plus nous leur fournissions de détails, plus l’enthousiasme les gagnait. 

Nous réalisions à quel point les entreprises à éprouver les mêmes difficultés avec leur processus d’embauche étaient nombreuses; nous tenions quelque chose dont les gens avaient besoin. Il est devenu clair que je devais consacrer toute mon attention à ce produit et commencer à former une équipe qui pourrait lui faire remplir ses promesses. À la fin de 2013, j’ai fait le plongeon et j’ai lancé l’entreprise. 

ONB : Parlons de 500 Startups. Alongside a été la toute première entreprise du Canada atlantique à être admise par cet accélérateur. Comment cette expérience vous a-t-elle aidés à donner forme à votre entreprise?

Boudreau : Je pense que le plus grand avantage que nous en avons tiré, ça a été simplement de pouvoir vérifier si nous étions ou non sur la bonne voie. Notre admission a certainement contribué à confirmer que nous l’étions; les gens ont clairement vu notre potentiel. Le fait d’être exposés parmi les plus avides de succès au monde nous a vraiment poussés à performer davantage. Nous pensions progresser rapidement, mais nous avions tort. Certaines de ces entreprises croissent à une vitesse incroyable. Ça a provoqué chez nous un véritable changement d’attitude et une focalisation accrue. 

En tant qu’anciens de 500 Startups, nous avons également nos entrées auprès des formidables partenaires du programme. Nous venons de signer avec l’un d’eux, qui nous fournira un serveur d’hébergement gratuit pendant deux ans. Cet arrangement nous fera épargner entre soixante-dix et cent mille dollars.

En plus, 500 Startups a investi cent mille dollars américains dans notre entreprise, une somme non négligeable. 

ONB : Avant 500, vous avez participé au programme Launch36 de Propel ICT’s. Avez-vous le sentiment que le Nouveau-Brunswick possède un écosystème solide pour appuyer les aspirants entrepreneurs?

Boudreau : On jouit d’un bon soutien ici, absolument. Mais d’après mes entretiens avec bien des démarreurs d’entreprise, je dois dire que nous ne sommes pas assez nombreux à partir nous faire des contacts à l’extérieur de la région. J’adore le Nouveau-Brunswick, j’y trouve un mode de vie qui me permet de me détendre et de déconnecter. Cela dit, un entrepreneur est forcé de voyager à l’extérieur de la province. En participant à des initiatives comme 500 Startups en Californie, où j’ai vécu plusieurs mois, j’ai atteint un point où je n’ai plus à me payer un hôtel à San Francisco, ni à Toronto d’ailleurs. J’ai des endroits où loger maintenant. Le seul fait de me rapprocher de mes camarades de cohorte dans le programme 500 Startups m’a valu une foule de nouveaux contacts. C’est l’avantage à long terme du programme.

Alors oui, nous avons affaire à des gens intelligents et nous profitons d’un bon système de soutien ici, mais je crois que nos entrepreneurs pourraient faire davantage. Les entreprises craignent d’entendre des choses qu’elles refusent d’entendre. Je conseille de ne pas avoir peur, d’aller se confronter à la réalité.

Nous aussi, nous en avons arraché au début. Nous n’avons pas su expliquer quelle valeur ajoutée nous proposions et bien des gens ne l’ont pas compris. Ceux qui utilisent notre produit l’adorent, mais nous n’avons pas toujours été les meilleurs vendeurs et c’est quelque chose que nous continuons à travailler. Les entrepreneurs devraient savoir qu’il y a des gens ici pour les épauler. J’essaie de donner pas mal de mon temps en retour de l’aide que j’ai reçue; je fais du mentorat auprès de démarreurs d’entreprise auxquels je crois vraiment. 

Mais surtout, le Nouveau-Brunswick doit s’appliquer encore à changer de mentalité. Nous pouvons vraiment rivaliser avec n’importe qui au monde; commençons à le montrer davantage.

ONB : Nous avons entendu dire plus d’une fois que notre humilité avait tendance à nous freiner.

Boudreau : C’est vrai, et on a essayé d’arracher ça de moi en Californie. Là-bas, on sait que les humbles se font manger tout rond dans certaines situations.  J’essaie d’implanter un peu de cette mentalité dans la province.

ONB : Vous avez mentionné le désir de donner en retour, alors parlons de la bourse Yu Tech Sales Bursary, offerte par l’intermédiaire du Collège Oulton. Deux élèves du Nouveau-Brunswick en douzième année recevront une bourse qui couvrira en entier les droits de scolarité associés à l’obtention du diplôme en vente et marketing de Oulton. Pourquoi participer à ce programme? Et pouvez-vous nous parler un peu de l’homme dont la bourse porte le nom, Anthony Yu?

Boudreau : Anthony est la personne la plus impressionnante que j’ai rencontrée durant mon aventure californienne. Dans le cadre de 500 Startups, chaque cohorte tient un mini salon des carrières. Vous disposez d’une minute pour « vendre » votre entreprise et des chercheurs d’emploi s’amènent pour essayer de vous impressionner. Anthony a attendu jusqu’à la toute fin pour me remettre un curriculum vitae qui ne contenait qu’un bonhomme-sourire dessiné de sa main. Il m’a dit vouloir que je me souvienne de lui quand je repasserais à travers la pile. Il avait l’air de quelqu’un qui voit les choses sous un jour un peu différent; nous l’avons embauché à contrat.

Anthony a eu l’impression d’apprendre beaucoup durant son mandat avec nous et l’expérience lui a plu. Nous lui devions de l’argent à la fin, mais il nous a dit de le garder et de nous en servir pour une bonne cause, comme de donner à quelqu’un d’autre la même chance qu’à lui. Comme notre produit est conçu pour aider les gens à trouver du travail, nous avons décidé qu’une bourse d’études en vente cadrait bien avec nos valeurs. C’est un bon investissement, pour nous et pour la province. 

500 Startups nous a appris des choses que personne d’autre ne connaît ici. Je pense que nous sommes particulièrement bien placés pour partager une partie de ce savoir avec des étudiants. Je le sais pour en avoir parlé avec d’autres entreprises en démarrage, quand nous leur communiquons ce que nous avons appris, certains d’entre eux ont l’air d’enfants dans un magasin de bonbons. 

Nous associer avec Oulton, c’était la bonne chose à faire; le collège sait s’adapter et il revoit son programme pour appuyer la bourse. Nous sommes impatients de voir les résultats. 

ONB : Terminons par quelques réflexions sur la manière dont ONB et Alongside travaillent ensemble jusqu’à maintenant.

Boudreau Votre équipe manifeste tellement d’enthousiasme pour ce que nous faisons. Ses membres parlent tous les jours avec des représentants d’entreprises locales qui cherchent à prendre de l’expansion ou d’entreprises de l’extérieur qui envisagent de s’établir ici. Chaque fois qu’il est question de talent et de recrutement, ils savent qu’ils peuvent mentionner des entreprises d’ici – comme Alongside – en guise d’atouts. C’est exactement le genre de soutien que nos jeunes entreprises espèrent du secteur public. 

Nous avons aussi profité de programmes de création d’emplois d’ONB pour embaucher de nouveaux employés. Ça compte, mais je ne bâtis jamais une entreprise en fonction d’un éventuel financement gouvernemental. Je vois le soutien du secteur public comme un privilège, un autre moyen d’optimiser le financement apporté par les investisseurs, d’en tirer le maximum.

Bientôt, nous serons en mesure d’épauler ONB pour ses propres besoins en recrutement, en plus d’aider d’autres entreprises néo-brunswickoises à trouver les talents qui leur manquent. Nous envisageons l’avenir avec beaucoup d’emballement. 

Toutes les photos gracieuseté d’Alongside.