Le Conseil de la recherche et de la productivité (RPC) est une organisation de recherche et de technologie dont la mission centrale est de mettre la science et la technologie au profit de l’industrie. Le soutien du RPC s’inscrit dans deux catégories : les services analytiques et la recherche axée sur le marché et orientée par les besoins de l’industrie.

Cette organisation œuvre dans l’industrie du chanvre depuis la fin des années 1990 et a intégré la marijuana thérapeutique à son portfolio en 2014. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick voit dans la marijuana thérapeutique un débouché économique en raison de la hausse importante de la demande au cours des dernières années. Le RPC, une Société de la Couronne établie depuis 1962, se situe à un stade déterminant de son évolution, en partie à cause du travail considérable qu’elle accomplit dans le secteur de la marijuana.

ONB s’est entretenue avec Eric Cook, directeur général et chef de la direction, afin d’en apprendre davantage.

ONB : Que pouvez-vous nous dire à propos du travail qu’accomplit le RPC dans le domaine de la marijuana en ce moment?

Cook : Grâce à des décennies de travail dans des secteurs comme la science de l’environnement, la production d’aliments et de boissons, et le chanvre, le RPC s’est doté d’une importante capacité en chimie analytique. Depuis la fin des années 1990, nous sommes autorisés sous licence par Santé Canada à travailler avec du chanvre industriel et à en avoir en notre possession. En 2014, en vertu du Règlement sur la marijuana à des fins médicales (MMPR), le RPC a reçu l’autorisation d’effectuer l’analyse de cannabis pour y déterminer les niveaux de cannabinol, de delta 9-transtétrahydrocannabinol et de cannabidiol. Ces analyses englobent aussi les métaux lourds, la moisissure, les pesticides, les bactéries et les aflatoxines.

Nous avons pénétré ce marché assez tôt et ce secteur a connu un essor fulgurant. Le RPC assure maintenant la prestation de services analytiques à environ la moitié de tous les producteurs de marijuana thérapeutique autorisés sous licence au Canada. Bon nombre de producteurs autorisés sous licence n’étaient pas rompus à la chimie analytique et nos experts ont donc redoublé d’efforts pour expliquer aux clients en quoi cela consistait et leur montrer quoi examiner. Ce degré d’interaction avec la clientèle dès le début nous a aidés à bâtir des liens solides. Nous jouissons désormais d’une réputation enviable dans ce secteur et d’une excellente relation avec Santé Canada.

ONB : Le RPC utilise-t-il des technologies ou des produits dérivés concernant la marijuana? 

Cook : Bien que l’analyse de la marijuana thérapeutique soit l’axe principal de nos travaux, nous avons également sondé d’autres domaines connexes. Par exemple, nous avons pris part à un effort national orchestré par Innoventures Canada visant à examiner la technologie de dépistage des drogues. Nous avons participé à des réunions de brassage d’idées sur ce sujet. Ainsi, même si nous ne travaillons pas encore sur l’une de ces technologies, nous gardons l’œil ouvert.

Des clients nous ont également approchés pour mettre au point des produits et des huiles à base de résine. Plus récemment, on nous a interpellés pour faire de la recherche et du développement sur des produits visant à aider les patients à consommer de la marijuana.

Nous entrevoyons également une future croissance de nos services d’automatisation. Les entreprises seront motivées à réduire les coûts de production grâce à l’automatisation d’activités comme les récoltes et la culture. Il y a donc des possibilités pour une industrie de dérivés ici, au Nouveau-Brunswick.

ONB : Que signifierait la légalisation de la marijuana pour le RPC et le Nouveau-Brunswick? 

Cook : Il ne fait aucun doute que les avantages de la légalisation seraient énormes pour nous. La marijuana récréative, tout comme la marijuana thérapeutique, apporterait leur lot d’exigences en matière d’analyse et la demande pour le travail que nous accomplissons ici au Nouveau-Brunswick augmenterait donc assurément. De plus, comme un plus grand nombre de producteurs autorisés sous licence pénètrent ce marché, ces domaines que j’ai mentionnés, comme l’automatisation et le dépistage, feront l’objet d’une demande accrue également.

ONB : Il semble que le Nouveau-Brunswick se situe avantageusement en tant que chef de file national dans ce secteur?

Cook : Absolument, nous étions d’ailleurs très heureux de constater que la marijuana faisait partie du Plan de croissance économique du Nouveau-Brunswick. Je trouve que cette province est très visionnaire. Il y a de nombreuses composantes à ce secteur, au-delà de la production; il y a la vente, la distribution, le soutien technique et tous les dérivés potentiels à valeur ajoutée. Les entreprises devront également assurer la sécurité de leur production, ce qui signifie que les produits de sécurité seront appelés à répondre à une demande induite par cette industrie.

Je ferais un parallèle avec le secteur de l’aquaculture. Le RPC était bien positionné il y a trente ans lorsque l’industrie de l’aquaculture a vu le jour au Nouveau-Brunswick. Nous sommes très bien implantés dans ce secteur, à un point tel que nous soutenons les clients de l’extérieur de la province, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Il n’arrive pas souvent qu’une toute nouvelle industrie soulève des possibilités comme celle-ci, car on assiste généralement à une certaine évolution d’une industrie existante. Cette industrie est réellement nouvelle sur le marché et nous sommes chanceux d’être aux premières loges.

ONB : Enfin, à quoi ressemble le lien qui unit le RPC et ONB?

Cook : Nous avons une relation fantastique. ONB a amené des clients de l’industrie à nos bureaux du RPC à plusieurs occasions. Il s’agit vraiment d’une relation gagnant-gagnant, car elle nous présente de nouveaux clients potentiels et contribue aux efforts d’attraction d’investissements d’ONB en montrant le savoir-faire et le soutien que la province peut offrir à l’industrie. Je crois que cela nous confère un véritable avantage concurrentiel.

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Écrit par Jason Boies