« Si les dernières semaines nous ont appris une chose, c’est que l’objectif des stratégies de diversité et d’inclusion des organisations doit être de susciter le changement systémique, parce que c’est ce que nous dicte la société, » explique Michael Wright, cofondateur et PDG de MESH/diversity. C’est ce que nous faisons : aider les organisations à comprendre comment leur comportement et leur culture contribuent au « système invisible » en place qui empêche de modifier les perceptions qui persécutent les gens : le racisme, le sexisme et l’hétérosexisme. Notre programme aide nos clients à prendre certaines mesures éprouvées pour susciter un changement positif de façon systémique. »

Opportunités Nouveau-Brunswick (ONB) met beaucoup l’accent sur le maintien d’une culture axée sur le rendement élevé, c’est ce qui nous stimule. C’est pourquoi nous souhaitions en apprendre davantage sur MESH/diversity, établie au Nouveau-Brunswick, sa philosophie, ses valeurs et son personnel.

ONB : Pouvez-vous nous raconter l’« histoire » de MESH/diversity?

Michael Wright : Tout a commencé avec Leeno Karumanchery, puisque nos offres s’inspirent de son travail. M. Karumanchery est un sociologue qui travaille dans le domaine de la diversité et de l’inclusion depuis plus de 28 ans. Son doctorat porte sur la lutte contre l’oppression et sur l’équité salariale; ses deux premiers livres sont consacrés à la lutte contre le racisme. M. Karumanchery a été le premier, dans le cadre de sa thèse de doctorat, à établir un lien entre le racisme, le sexisme, etc., et le traumatisme. Prenez le terme « traumatisme » puis remplacez-le par « souvenir douloureux », mais amplifiez-le des centaines de milliers de fois et vous obtiendrez un énorme traumatisme.

Après avoir quitté le milieu universitaire, il a ouvert son propre cabinet de consultation. En plus d’assumer les fonctions de responsable des sciences du comportement, il est facilitateur professionnel, conférencier et auteur.

Karumanchery a remarqué avant les autres comment l’intelligence émotionnelle s’intègre harmonieusement dans le défi de la diversité et de l’inclusion, autant sur le plan organisationnel que sociétal. Il a aussi constaté qu’il pouvait faire un excellent travail en matière de diversité et d’inclusion avec un client, mais que si le champion interne en la matière de ce client quittait l’organisation, celle-ci revenait souvent à ses anciennes habitudes. La formation sur la diversité et l’inclusion, offerte de façon non systématisée, ne tient pas le coup.

C’est ainsi que MESH/diversity est née. L’objectif était de s’inspirer de ce travail pour créer une culture durable au sein d’une organisation. Notre programme est axé sur notre logiciel et notre approche aide à intégrer la diversité et l’inclusion dans le tissu de toute organisation.

Qu’est-ce que les dernières semaines ont signifié pour la compagnie?

L’opinion publique a évolué de façon positive. Il est déplorable que le décès d’une autre personne ait provoqué ce changement, mais il semble que cela ait été un point d’inflexion. De plus en plus de personnes reconnaissent que les choses doivent changer sur le plan sociétal. Il est facile de repérer la personne qui porte une cagoule blanche ou la personne qui attend à l’extérieur d’une discothèque accueillant la communauté LGBTQ+ afin de l’attaquer pour ce qu’elle est. S’il s’agissait seulement de ces personnes, le système ne pourrait pas subsister. Pour qu’un tel système prenne de l’ampleur, il faut que des gens aimables, bienveillants et éthiques participent à un système dont ils ne savent pas qu’ils font partie.

Le but de MESH/diversity est d’exposer ce « système invisible » aux gens. Une fois que vous en prenez conscience, il est impossible de l’ignorer. Il semble qu’après le décès de George Floyd, les gens aient commencé à avoir un aperçu de ce qu’ils n’ont jamais constaté auparavant. Il ne suffit plus de strictement dire « Je ne suis pas raciste », il faut être sérieusement antiraciste. Cela s’applique à tous les « ismes », bien entendu, la race est simplement la question à l’avant-plan. Nous croyons vraiment assister à une prise de conscience déterminante.

Évidemment, la demande à l’égard de nos services a augmenté tant de la part des clients existants que de la part de nouveaux clients. C’est réconfortant : il s’agit du travail que M. Karumanchery fait depuis plus de 28 ans et que nous faisons depuis six ans. Des PDG utilisent maintenant des termes comme « antiracisme » ainsi que « racisme anti-Noirs ». Le langage est finalement en train d’être normalisé.

Vous êtes originaire de Woodstock. Comment parvenez-vous à mener vos activités à partir de Toronto avec une équipe en grande partie établie au Nouveau-Brunswick?

J’ai passé le gros de ma carrière à travailler pour des entreprises du Nouveau-Brunswick, mais à l’extérieur de la province, alors ce n’est pas nouveau pour moi. Nous avons une excellente équipe au Nouveau-Brunswick, y compris notre chef de la technologie de l’information, Jason Aube, à Moncton. La COVID-19 n’a pas trop perturbé nos activités, puisque nous travaillons en mode complètement virtuel. Notre équipe travailla à distance à partir de Toronto, de Moncton, de Saint John, de Fredericton et de Woodstock.

L’aide d’ONB a été phénoménale. M. Karumanchery est un conférencier de renommée mondiale qui prend souvent la parole lors de conférences. Nous avons toujours su qu’il était de calibre mondial, mais en tant que petite équipe, notre capacité à nous rendre dans ces conférences a été déterminante pour la reconnaissance de notre marque et nos clients potentiels. Tout le monde découvre désormais le talent de classe mondiale de M. Karumanchery dans le domaine de la diversité et de l’inclusion.

Pouvoir l’exposer à ces publics est essentiel, objectif qu’ONB nous a aidés à atteindre. À la suite de la COVID-19, nous avons déployé des efforts pour offrir nos propres séances virtuelles. Une fois de plus, notre équipe travaille en mode virtuel, alors l’adaptation a été facile.

Je crois fermement au Nouveau-Brunswick et aux possibilités que la province a à nous offrir et à offrir à toute entreprise. Ce que nous faisons est primordial pour le Nouveau-Brunswick. Nous savons tous que la croissance de notre population est essentielle. Heureusement, la plupart d’entre nous comprennent qu’augmenter l’immigration est nécessaire pour que le Nouveau-Brunswick connaisse une croissance et s’épanouisse au cours des prochaines décennies.

Nous savons que l’accent sur la diversité et l’inclusion est non seulement bénéfique pour un changement sociétal positif, mais aussi pour la santé de notre économie. Il est essentiel que les gens perçoivent notre province comme un endroit accueillant et inclusif où il fait bon vivre et travailler.

Pour en savoir plus, consultez meshdiversity.com.