En juin dernier, la cérémonie annuelle des Prix d’excellence en exportation a rendu hommage aux compagnies du Nouveau-Brunswick qui ont récemment réussi, ou continuent de réussir, à percer de nouveaux marchés et à élargir leur portée commerciale. Opportunités NB (ONB) a voulu sonder ces entreprises primées pour trouver ce qui leur a permis d’avoir du succès en exportation.

Les Aliments Bonté ltée, situé à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, est un fabricant de plus de 300 produits alimentaires. L’entreprise confectionne des produits sous les marques Les Aliments Bonté, Chris Brothers et Natures Deli, et est le plus grand fabricant de produits de charcuterie du Canada atlantique.

Les ventes de sa division des viandes ont monté en flèche pour atteindre 33 % par rapport à l’année précédente, tant pour les ventes intérieures que pour les exportations. L’entreprise offre maintenant plus de deux douzaines de nouveaux produits à exporter. L’innovation et les nouveaux produits ont ouvert les portes de marchés non traditionnels, ce qui a occasionné un grand succès et permis la création de nouvelles possibilités et de nouveaux emplois. C’est grâce à ces résultats que l’entreprise a remporté le prix de l’exportateur de l’année du Nouveau-Brunswick cette année.

ONB a récemment eu l’occasion de s’entretenir avec Michael Whittaker, président de TruCorp Investments Incorporated et de Les Aliments Bonté ltée, au sujet de la réussite de l’entreprise dans le secteur de l’exportation.

ONB: Quelles ont été les plus grandes difficultés que Les Aliments Bonté a dû surmonter pour atteindre une telle réussite sur le marché des exportations et comment y êtes-vous arrivé?

M. Whittaker: Le plus grand obstacle que nous avons eu à surmonter était l’établissement de relations avec les acheteurs des différentes chaînes de magasins de vente au détail du Canada. L’espace sur les tablettes d’épiceries est très recherché, et il faut supplier pour obtenir un référencement. À mesure que nos marques grandissaient et que l’intérêt pour les produits fabriqués au Canada atlantique s’intensifiait, nous avons pu obtenir de plus en plus de référencements.

Il se produit un certain effet de masse critique lorsque les consommateurs commencent à remarquer votre marque, et leur confiance à l’égard de vos produits commence à se bâtir à mesure qu’ils en achètent. Une fois qu’ils ont acheté trois ou quatre produits différents de votre marque, ils acceptent plus facilement vos autres gammes de produits.

C’est une question de confiance à l’égard de la marque.

ONB: Pouvez-vous nommer des caractéristiques, géographiques ou culturelles, uniques au Nouveau-Brunswick qui ont joué un rôle essentiel pour permettre à votre entreprise d’élargir son marché?

M. Whittaker: Il n’y a aucun doute que le fait d’être sur un marché bilingue a été un atout indéniable. Je ne comprends pas que certaines personnes ne réalisent tout simplement pas l’importance du français au Canada atlantique. Le Nouveau-Brunswick est aussi plus près du reste du Canada que la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador, ce qui nous donne un léger avantage sur le plan des frais de transport. De plus, la main-d’œuvre de Moncton est exceptionnelle. Nous n’avons jamais de problèmes de roulement du personnel, ce qui semble être un problème pour bon nombre d’autres fabricants.

ONB: Avez-vous eu des surprises pendant que vous réalisiez les objectifs d’exploitation de l’entreprise.

M. Whittaker: Oui; les préférences en matière de saveurs des résidents de l’Atlantique par rapport à ceux du reste du pays. Par exemple, le pepperoni salé à sec ou cuit; le pepperoni pour collation Chris Brothers n’a tout simplement pas le même attrait en dehors des provinces de l’Atlantique. De plus, les donairs sont très populaires en Atlantique et dans l’Ouest, mais ce n’est pas le cas en Ontario et au Québec. Ainsi, pour être concurrentiel en dehors de l’Atlantique, nous devons parfois offrir différents produits selon les goûts des régions. Il va sans dire que c’est très problématique.

ONB: Quel est le meilleur conseil que vous pourriez offrir aux autres entreprises du Nouveau-Brunswick qui souhaitent se lancer dans l’exportation ou élargir leur marché?

M. Whittaker: Être maître chez soi. Il faut être fort et en santé sur son marché local avant d’exporter. Aussi, il faut être patient et ne pas s’attendre à ce que de grandes choses se produisent du jour au lendemain. C’est rarement ainsi.

ONB: Pour conclure, quelles sont les prochaines étapes d’exportation pour Les Aliments Bonté?

M. Whittaker: Nous regardons de très près les viandes en saumure douce. Il s’agit de viandes submergées de saumure comme les pointes de poitrine, les côtes levées d’épaule, etc. Cette gamme de produits est très créneau, mais elle est très populaire dans l’ensemble du Canada, dans les Caraïbes et dans d’autres pays. Nous essayons aussi de déterminer quels types de produits se jumellent bien à notre marque. Par exemple, nous avons tout récemment lancé une excellente gamme de moutardes de Dijon gastronomiques. Nous ne les fabriquons pas ici — une autre entreprise les produit pour nous — mais, lorsque votre marque a une valeur intrinsèque, vous n’avez pas toujours besoin de fabriquer les produits vous-même. Il s’agit d’un bon modèle de rentabilité.

Images tirées de Bonte.ca.