Au cours de la dernière année, nous avons rencontré des entreprises du Nouveau-Brunswick qui utilisent des mégadonnées pour révolutionner la chaîne d’approvisionnement de l’industrie des aliments et boissons, améliorer l’infrastructure municipale et mieux comprendre les tendances de la circulation.

Bethany Deshpande, une entrepreneure de Fredericton, introduit les mégadonnées à la ferme grâce au lancement de SomaDetect, une nouvelle entreprise agrotechnologique qui aide les producteurs laitiers à produire le meilleur lait qui soit et à surveiller la santé de leur troupeau en utilisant une technologie au laser innovante.

Opportunités NB (ONB) s’est entretenue avec Bethany afin d’en apprendre davantage.

ONB : Où vous est venue l’idée qui est à l’origine de SomaDetect?

Deshpande : Mon père est un inventeur. Notre solution provient d’une technologie de base à laquelle il a travaillé pendant des dizaines d’années et qui fournit des données de diagnostic pour les liquides. Normalement, il l’utilisait avec des échantillons de sang humain ou animal pour des projets de lutte contre le paludisme et la tuberculose résistante aux médicaments antibactériens, des maladies qui ont des répercussions désastreuses sur les humains, tout spécialement dans les régions qui ont peu de ressources.

Il se servait de lait acheté au magasin pour étalonner sa machine parce que le lait a des propriétés optiques semblables au sang et il ne voulait pas gaspiller d’échantillons pour l’étalonnage. Il a fait un examen tellement minutieux pendant le processus d’étalonnage qu’il est parvenu à voir de véritables différences selon le genre de lait utilisé. Puisque les écarts étaient attribuables à la teneur en matière grasse, il a pu voir une vraie différence entre, disons, de la crème à café et du lait 2 %. Il a demandé à des membres de l’industrie laitière si cela pouvait être utile et il a obtenu un « oui » retentissant. Des agriculteurs lui ont fourni d’autres variables à examiner et la technologie est partie de là.

Il a ensuite déposé une demande de brevet d’invention en 2014, qui a été acceptée l’été dernier. À titre d’inventeur, mon père ne s’intéressait pas vraiment à la partie commercialisation. Il m’a donc demandé de m’en occuper. Comme je voyais que la communauté de Fredericton était favorable et que je constatais les possibilités pour les entrepreneurs d’ici, je n’ai pas pu résister.

Qu’est-ce qui vous a amenée du Québec au Nouveau-Brunswick?

J’avais fini mes études supérieures à l’Université Laval et j’avais commencé à chercher du travail à l’extérieur de la ville, parce que je voulais du changement. Mon mari et cofondateur, Nicholas Clermont, et moi-même avions pris part au programme Shad Valley à l’Université Laval pendant plusieurs années. Le président de Shad Valley à l’époque, Barry Bisson, nous a proposé de chercher tout spécialement du côté de Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Barry avait été professeur à l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB) et président de son programme TME. Il savait qu’il se passait des choses intéressantes ici et il nous a mis en rapport avec le Centre Pond-Deshpande de l’Université (aucun lien de parenté). Nicholas a décroché un emploi ici et j’ai trouvé un excellent poste au Réseau de recherche en politiques sociales du Nouveau-Brunswick.

Parlez-nous de votre projet pilote.

Le projet pilote fera intervenir un petit groupe de producteurs laitiers du N.-B. qui travaillent avec un prototype du produit de SomaDetect. L’idée est de faire en sorte que les agriculteurs cocréent avec nous, en offrant leur point de vue sur ce qu’ils veulent faire avec la technologie et sur ce à quoi les rapports devraient ressembler. C’est une approche de conception axée sur la personne, une chose qui nous passionne, Nic et moi, parce que nous voulons optimiser la valeur de la technologie pour les agriculteurs. Grâce à la nouvelle technologie de SomaDetect, nous passerons de rapports mensuels sur des vaches particulières à des rapports quotidiens et/ou des rapports sur chaque traite.

Une quantité énorme de données ont été générées et nous aurons besoin de l’aide de l’industrie pour passer au crible ce qui est utile, ce qui se traduit par des changements dans la gestion à la ferme, ce qui aide les agriculteurs à économiser de l’argent et d’autres questions. Nous avons obtenu un excellent soutien de fermes particulières et de Lait 2020, l’organisme provincial de l’innovation laitière. Le fait d’avoir autant de soutien de l’industrie et de l’écosystème entrepreneurial fait toute une différence pour une jeune entreprise.

Dites-nous-en plus sur votre expérience avec cet écosystème entrepreneurial.

L’accélérateur d’entreprise sociale B4Change du Centre Pond-Deshpande (CPD) nous a été d’une aide précieuse. Joanna Nickerson et tout le monde au CPD sont de farouches partisans. Grâce au CPD, on nous a présentés à Chris Mathis, de Springboard Atlantic, et à Nancy Mathis, de l’Institut Wallace-McCain. Ils appuient tous les deux notre projet et nous ont aidés à prendre une longueur d’avance.

David Alston nous a également apporté une aide exceptionnelle. C’est incroyable de pouvoir entrer en communication avec des entrepreneurs chevronnés et d’obtenir un autre point de vue à propos des défis qui se présentent. David nous a même accompagnés dans des fermes de la région de Sussex, en apprenant comment les fermes laitières fonctionnent, en posant des questions aux producteurs et en nous aidant à perfectionner notre processus de validation.

Nous avons aussi apprécié travailler avec l’équipe de BioNB, qui comprend ce que nous essayons d’accomplir avec cette technologie et certains des défis propres à une jeune entreprise de biotechnologie. Ils nous ont donné des tonnes de conseils et nous ont mis en rapport avec d’excellentes personnes, tant à l’échelle locale qu’au niveau national.

Planet Hatch est une autre ressource merveilleuse pour les entrepreneurs. C’est grâce à eux que j’ai rencontré Rivers Corbett d’ONB. Il a été l’une des premières personnes à qui j’ai parlé de ce projet. Il m’a dit que je devais mieux l’expliquer et épurer mon jargon scientifique. Et il avait raison! Rivers est un excellent motivateur pour nous depuis ce temps. Nous sommes impatients de collaborer encore plus avec l’équipe d’ONB au cours des prochains mois, pour planifier notre croissance. Il était très important pour nous de faire partie de la communauté des entrepreneurs du Nouveau-Brunswick. Il a été facile de communiquer avec les chefs de l’industrie. Plus j’en parle à des gens et plus l’entreprise me donne des ailes.

Mise à jour – septembre 2017 : Nos amis de Startup Kitchen ont produit une excellente vidéo sur SomaDetect. Regardez-la ci-dessous (en anglais seulement)

Vous souhaitez lancer une entreprise au Nouveau-Brunswick et aimeriez en savoir plus? Cliquez ici pour communiquer avec un chargé du développement des affaires d’ONB.

Images provenant de SomaDetect